Une sortie commence avant l’estran

Pour préparer une grande marée, on finit vite avec plusieurs informations séparées : les horaires et le coefficient, la météo, une photo aérienne, les tailles minimales, puis ses propres souvenirs. Pourtant la question est très concrète : à quelle heure mon coin devrait-il découvrir, combien de temps puis-je raisonnablement rester et à quel moment dois-je repartir ?

Bigorneau est né de cette question. L’application rapproche la marée, la lumière du jour, la météo utile et une représentation de l’estran. Elle ne cherche pas à donner un score magique. Elle aide à lire plusieurs repères au même endroit, puis laisse la décision à la personne qui observe réellement le terrain.

Voir où se trouve la mer

Un coefficient est utile, mais il ne dessine pas la côte. Sur une orthophotographie littorale, les rochers, les bancs et certains chenaux deviennent lisibles. Bigorneau associe cette carte au même curseur horaire que la courbe de marée et affiche des bandes de hauteur d’eau estimée.

Ces bandes restent un modèle. Le relief change, les vagues franchissent des obstacles et la météo peut modifier le niveau observé. C’est pour cela que l’interface parle d’estimation et d’incertitude, jamais de « zone sûre ». Le terrain et les consignes officielles ont toujours le dernier mot.

Garder ses coins pour soi

Un bon coin de pêche n’est pas une adresse à diffuser. Il peut avoir demandé des années d’observation, et rendre toutes les prises publiques créerait une pression inutile sur une ressource fragile. Dans Bigorneau, les coordonnées, notes, sorties et traces restent donc dans le navigateur par défaut. Elles ne nourrissent aucune carte communautaire.

Un compte n’est pas nécessaire pour tenir ce carnet local. Lorsqu’une copie distante chiffrée est proposée, elle part uniquement après une action explicite : le serveur reçoit une enveloppe opaque, sans la phrase secrète ni les photos. Cette architecture compte davantage qu’une simple promesse de confidentialité.

Aider au retour sans promettre la sécurité

Sur l’estran, l’information la plus importante n’est pas seulement l’heure de basse mer : c’est aussi le moment où il faut commencer à revenir. Le Mode sortie garde un point de sortie, une marge choisie et, lorsqu’une hauteur fiable est disponible pour le coin sélectionné, une heure de demi-tour indicative. Il permet aussi de partager volontairement sa position avec un proche.

Ce n’est pas un dispositif de sauvetage. Le GPS, le modèle et la cartographie peuvent se tromper. Il faut observer la mer, prévenir un proche et appeler le 196 en cas d’urgence en mer.

Commencer petit, construire utile

Le pilote commence autour de Trégastel et de la Côte de Granit Rose. Cette zone limitée permet de construire un produit cohérent : des données préparées à l’avance, servies depuis OVH, une carte utilisable avec une connexion fragile et des limites affichées plutôt que cachées.

Bigorneau va continuer à évoluer avec des comptes, davantage de contenus sur les espèces et la réglementation, puis des applications mobiles. Le cap, lui, ne change pas : mieux préparer la sortie, mieux lire ce qui se passe et ne jamais transformer les coins privés en produit public.

Erwan, créateur de Bigorneau

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